Droit de la famille et de la transmission

PACS et concubinage : conséquences patrimoniales

Fiche de révision· 6 min de lecture·Publié le ·Mis à jour le

Le pacte civil de solidarité n'est pas un mariage allégé : c'est un contrat conclu entre deux personnes majeures pour organiser leur vie commune (loi du 15 novembre 1999). Il crée une aide matérielle et une assistance réciproques, mais il se forme et se défait bien plus simplement que le mariage.

I

Le PACS, un contrat entre partenaires

1
Conclure
Convention enregistrée en mairie ou chez le notaire. Effets immédiats entre partenaires, dès l'enregistrement.
2
Vivre
Vie commune, aide matérielle proportionnelle aux facultés, assistance. Solidarité des dettes du ménage, sauf dépenses manifestement excessives.
3
Défaire
Déclaration conjointe, volonté d'un seul, mariage ou décès. Dissolution libre, sans procédure judiciaire à la différence du divorce.
PACS et mariage ne se confondent pas
Le PACS est sans effet sur la filiation et le nom. Il n'ouvre aucun droit à pension de réversion. Sa rupture unilatérale par simple déclaration le distingue nettement du divorce.
II

Le régime des biens du partenaire

À défaut de précision dans la convention de PACS, les partenaires sont séparés de biens. Ils peuvent toutefois opter pour l'indivision. Le choix se joue sur la propriété de ce qui est acquis pendant le PACS.

Régime légal depuis 2007
Séparation de biens
Sur option par convention
Indivision
Propriété des acquisitions
Chacun reste seul propriétaire de ce qu'il achète avec ses revenus
Les biens acquis sont réputés indivis par moitié
Gestion
Chacun administre et vend seul ses biens, y compris le logement
Accord des deux pour disposer d'un bien indivis
Preuve de propriété
Il faut pouvoir prouver qui a financé quoi
Présomption de moitié, aucune preuve à rapporter
Mise en place
S'applique automatiquement, sans rien stipuler
À choisir expressément dans la convention
Avant 2007, le régime par défaut du PACS était l'indivision. Depuis la réforme applicable aux PACS conclus à partir du 1er janvier 2007, c'est la séparation de biens qui s'impose à défaut de choix.
III

Ce que le PACS apporte, et ses limites

Le PACS aligne les partenaires sur les époux pour la fiscalité, mais s'arrête à la porte du droit des successions. C'est la ligne de fracture à retenir.

+Ce que le PACS protège
  • Imposition commune à l'impôt sur le revenu dès l'année de conclusion
  • Exonération totale des droits de succession entre partenaires
  • Abattement de 80 724 € sur les donations entre partenaires, renouvelable tous les 15 ans
  • Solidarité et aide matérielle organisées par la loi
Protection fiscale, alignée sur les époux
Ce que le PACS ne donne pas
  • Aucune vocation successorale, le partenaire n'hérite pas sans testament
  • Droit sur le logement limité à une jouissance gratuite d'un an
  • Aucune pension de réversion pour le partenaire survivant
  • Aucun statut d'héritier réservataire, le partenaire reste un tiers civil
Aucune protection civile, le partenaire reste un tiers sans testament

Ex Deux partenaires pacsés sans enfant. L'un décède en ayant rédigé un testament au profit de l'autre. Le partenaire survivant recueille tout le patrimoine et, grâce à l'exonération entre partenaires, ne paie aucun droit de succession. Sans ce testament, il n'aurait rien reçu : le patrimoine serait revenu à ses parents et frères et soeurs.

IV

Le concubinage, l'union sans filet

Le concubinage est une simple union de fait, stable et continue. Aucun acte, aucune formalité, donc aucun droit : c'est le degré zéro de la protection patrimoniale. Le concubin est, pour le droit, un étranger.

La protection attenduePour le concubinÉtat
Régime des biensorganiser la propriété
aucun cadre, indivision subie
absent
Solidarité des dettesrépondre ensemble
chacun seul de ses dettes
absent
Imposition commune (IR)un seul foyer fiscal
déclaration séparée
absent
Vocation successoralehériter du défunt
rien sans testament
absent
Droit au logementrester chez soi
aucun droit au décès
absent
Pension de réversionun revenu après
aucune réversion
absent
Statut fiscal au décèsla seule chose présente
Tiers civil, droits de succession à 60 %
présent
!Imposition séparée à l'IR, mais commune à l'IFI
Les concubins déclarent leurs revenus séparément. Mais s'ils sont notoires, ils forment un seul foyer pour l'impôt sur la fortune immobilière : leurs patrimoines immobiliers s'additionnent pour franchir le seuil de 1 300 000 €.
V

Comparatif : mariage, PACS, concubinage

Une même question patrimoniale reçoit trois réponses selon le statut. Le mariage sert ici de point de repère ; le PACS protège fiscalement sans protéger civilement ; le concubinage ne protège pas du tout.

Critère
Mariage
PACS
Concubinage
Nature du lien
Institution, statut légal
Contrat
Union de fait
Régime des biens
Régime matrimonial au choix
Séparation par défaut, option indivision
Aucun, indivision subie
Solidarité des dettes
Oui
Oui, sauf excès
Aucune
Impôt sur le revenu
Commune
Commune
Séparée
IFI
Commun
Commun
Commun si notoire
Droits de succession
Exonéré
Exonéré
Taxé à 60 %
Vocation successorale
Héritier légal
Aucune, testament requis
Aucune, testament requis
Logement du survivant
Droit viager
Temporaire, 1 an
Aucun
Le PACS copie le mariage sur la fiscalité, le concubinage ne copie rien. La frontière décisive n'est pas entre mariés et non mariés, mais entre ceux qui sont exonérés de droits de succession et ceux qui sont taxés à 60 %.
VI

Le coût de l'absence de cadre

Sur une même transmission au survivant, le statut change tout. Encore faut-il un testament : sans lui, le survivant ne reçoit rien. Avec lui, sur un legs de 100 000 €, le partenaire pacsé est exonéré comme l'époux, tandis que le concubin paie comme un étranger.

Épouxrepère
0 €
Partenaire PACSexonéré
0 €
Concubintiers, taxé à 60 %
≈ 59 044 € de droits
≈ 59 044 €
Sur le même legs de 100 000 €, l'écart est intégral : tout ou rien.≈ 59 044 € d'écart

Ex Legs de 100 000 € au survivant. Concubin : abattement de 1 594 €, base taxable 98 406 €, au taux de 60% = 59 044 € de droits. Partenaire pacsé et époux = 0 €, grâce à l'exonération.

VII

Protéger le couple non marié

Faute de protection légale, le couple non marié se protège par des actes volontaires. Le testament est le socle, l'assurance-vie le complément le plus puissant.

l'outil de base, indispensable
Testament
Sans lui, le survivant ne reçoit rien. Le legs est limité à la quotité disponible si le défunt a des enfants. Le partenaire pacsé légataire est exonéré, le concubin reste taxé à 60%.
transmettre hors succession
Assurance-vie
Le capital versé au bénéficiaire désigné échappe à la succession et à la taxation de droit commun. C'est l'outil clé pour le concubin, qui contourne ainsi la taxation à 60%.
le survivant réputé seul propriétaire
Tontine ou clause d'accroissement
Le bien acquis en tontine est censé avoir toujours appartenu au survivant. Il échappe à l'indivision et à la succession du prémourant.
sécuriser le logement
SCI à démembrement croisé
Chaque partenaire détient l'usufruit croisé des parts de la société qui porte le logement. Au décès, le survivant conserve la jouissance sans rachat ni indivision subie.
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