Le régime par défaut des couples mariés
- biens d'avant le mariage
- succession reçue
- donation, legs
- gains et salaires des deux époux
- biens achetés ensemble à titre onéreux
- revenus des biens propres (loyers, intérêts)
- biens d'avant le mariage
- succession reçue
- donation, legs
Le bien est-il commun ou propre ?
La frontière commande tout : qui possède quoi pendant le mariage, ce qui répond des dettes, et ce qui se partage à la fin. La règle de base est simple : ce qui vient du travail et des acquisitions du mariage est commun, ce qui précède le mariage ou arrive par la famille reste propre.
Les quatre portes du bien propre
Un bien peut rester propre par sa date d'entrée dans le patrimoine, par sa nature, ou parce qu'il prend la place d'un autre propre. Connaître ces quatre voies permet de renverser la présomption de communauté.
Qui peut agir seul sur un bien commun ?
La gestion des biens communs obéit à un principe large, l'autonomie de chacun, tempéré par des exceptions pour les actes les plus lourds. La logique : plus l'acte engage durablement le patrimoine, plus il exige les deux signatures.
Les récompenses, dans les deux sens
Chaque fois qu'une masse s'enrichit aux dépens d'une autre, le déséquilibre se solde par une récompense à la liquidation. Le mécanisme joue dans les deux sens : l'époux peut devoir à la communauté, ou la communauté à l'époux.
Évaluer la récompense
Le montant n'est pas forcément la somme dépensée. La loi compare deux mesures : la dépense faite, ce qui a été déboursé, et le profit subsistant, l'avantage qui reste au jour de la liquidation. La règle protège contre l'érosion monétaire et contre les dépenses sans valeur durable.
Ex Madame finance une piscine 40 000 € (héritage) sur la maison commune ; elle n'ajoute que 20 000 € de valeur. Le bien est conservé et amélioré : la communauté lui doit le profit subsistant, soit 20 000 €.
De la dissolution au partage
Le divorce et le décès ouvrent la même liquidation. On reconstitue les masses, on solde les comptes, puis on partage l'actif net.
Liquidation : le cas de Léa et Marc
- Dissolution les masses sont figées au jour du divorce.
- Reprises des propres Marc reprend l'appartement reçu par héritage (150 000 €), Léa son PEA d'avant le mariage (30 000 €), hors partage.
- Récompenses la communauté a financé 20 000 € de travaux sur l'appartement propre de Marc : il doit 20 000 € à la communauté.
- Partage par moitié résidence 180 000 + épargne 60 000 + récompense 20 000 = 260 000 €, soit 130 000 € pour chacun.
- Soulte Léa garde la résidence (180 000 €), Marc l'épargne (60 000 €) ; Léa dépasse sa part de 50 000 €, elle verse une soulte de 50 000 € à Marc, et chacun ressort avec 130 000 €.